Les
aéroglisseurs et l’environnement
Les
aéroglisseurs sont méconnus d’une
grande partie de
la population. Généralement la connaissance ne
vient que
des opportunités vues ici ou là, à la
télévision, à l’occasion
d’une
compétition ou d’un voyage sur les rares appareils
en
service (Angleterre, Chine, Corée, Japon, Australie,
etc…). En conséquence, les
aéroglisseurs souffrent
de cette situation.
Nous
allons passer en revue quelques arguments qui montrent que les
aéroglisseurs sont indéniablement des
véhicules
écologiques.
Tout
véhicule (tout être vivant aussi) devant se déplacer devra consommer de
l’énergie. L’aéroglisseur, du
fait du faible
niveau de frottement sur la surface qu’il survole, consomme
peu.
Il n’a pas de carène dans l’eau, donc il
n’a
pas besoin de pousser une énorme masse d’eau pour
avancer.
En effet, grâce au coussin d’air, les frottements
et la
traînée sont réduits au strict minimum,
sur
l’eau comme sur le sol. Un aéroglisseur consomme
nettement
moins que bien d’autres engins à vocation
similaire. De plus, il peut
généralement
bénéficier des évolutions des moteurs
et des
carburants (diester, ethanol, biocarburants, ) et même
envisager
des solutions hybrides.
Ces
aptitudes amphibies lui permettre de transiter directement du sol vers
l’eau et inversement, sans même réduire
son allure
et dans un confort constant. Les grandes infrastructures (canaux,
ports, jetées, etc.) si lourdes de conséquences
sur la
nature, deviennent inutiles. Il est ainsi plus facile de conserver la
situation naturelle d’un lieu qui devient pourtant accessible
sans impact significatif.
Compte
tenu de la faible pression exercée par le coussin,
il n'a pratiquement aucun impact sur
les
surfaces pratiquées – en comparaison : un
humain
applique
entre ~ 200 et 2000 gr/cm2 selon son allure alors qu’un
aéroglisseur applique entre 10 et 40 gr/cm2 selon sa taille
et
quelle que soit sa vitesse. Ce qui est moins qu’une mouette
(quand elle a pied !) .
Les
aéroglisseurs n’ont aucun
élément dans
l’eau (pas de carène, pas
d’hélice). Ils ne
produisent donc aucun bruit subaquatique significatif. Certes, ils
génèrent un bruit dans l’air en raison
de
l’hélice aérienne de propulsion
principalement. Des
progrès en cours ont permis de réduire
sensiblement ce
bruit. Il convient toutefois d’observer plusieurs
détails
intéressants :
-
le bruit ne peut être considéré comme
un polluant.
Le ressenti est comparable à celle d’une
route
passagère, d'une tempète, d'une chute d'eau, ...
-
le bruit peut être très utile ; c’est
pour cela
qu’on équipe les véhicules
électriques de
bruiteur car, trop silencieux, ils sont déjà la
cause de
quelques accidents avec des piétons. C’est aussi
pour cela
qu’on équipe certains véhicules de
sifflets pour
limiter les risques de collision avec les grands animaux dans les
parcours forestiers. Dans le domaine des secours, une victime qui
entend le « bruit » des moyens de secours aura
tendance
à « tenir » avec l’espoir,
-
le bruit aérien se propage moins loin que le bruit
subaquatique, dont les ravages sont assez mal connus.
En
outre, les récents développements ont permis de
gagner
quelques décibels (aviation, ULM, etc…). Pour
les
aéroglisseurs, ces progrès sont au moins
partiellement
transposables et il existe des solutions encore plus efficaces, pour
peu qu’on daigne nous permettre de les tester.
Un
aéroglisseur présente une structure «
fermée
». Sa coque n’échange rien avec
l’eau, aucun
fluide n’est mis en circulation avec
l’extérieur et,
en cas de fuite dans l’appareil, rien ne peut s’en
échapper (rien ne doit). Les risques de pollutions aquatiques
sont donc
quasi nuls. Certes, il demeure la consommation de carburant
qui
présente des rejets. Mais la consommation de ce genre
d’appareil étant modeste, les rejets sont
réduits
en conséquence. En comparaison, un aéroglisseur
de 6
places consomme moins qu’un jetski. En outre,
l’aéroglisseur ne provoque aucune perturbation
dans le
milieu subaquatique de faible profondeur, dont on connaît
l’importance pour la faune et la flore.
L’aéroglisseur
ne provoque quasiment pas de vague de sillage. Cela permet de
réduire les risques d’érosion des
berges,
même à vitesse soutenue. En
conséquence, il
convient de noter qu’un aéroglisseur est
exploitable
à bonne vitesse au plus prés des côtes,
sans
perturber les berges, sans risque pour les hauts-fonds. A plusieurs
reprises nous avons constaté l’incroyable
facilité
d’adaptation des oiseaux marins à notre
présence.
Ils comprennent vite notre façon de circuler et finissent
par ne
plus s’écarter que de quelques mètres
de nos
trajectoires. Vous avez probablement observé cela aussi sur
le
bord des routes.
Objectivement, les aéroglisseurs sont dignes du
transport et
de
la mobilité durable. Certes ils consomment de
l'énergie.
Mais globalement nettement moins que toutes les autres solutions
similaires.
Il demeure que si nous n'avions pas besoin de nous
déplacer...
Car la meilleure solution en matière
d'économie
d'énergie est de ne pas en avoir besoin.